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Jeûne intermittent 23/1 : que valent un repas par jour et le 16/8 ?

30 octobre 2026 · 7 min de lecture ·

Les essais disponibles ne montrent pas qu’un jeûne intermittent fasse mieux maigrir qu’une restriction calorique classique, et le repas unique testé chez des adultes en bonne santé a fait grimper la faim, la tension et le cholestérol. Le jeûne intermittent 23/1 consiste à ne manger que pendant une heure sur 24, c’est-à-dire, dans les faits, un seul repas quotidien. Il séduit par sa simplicité, mais il est beaucoup moins étudié que le 16/8, et les rares données sur le repas unique invitent à la prudence.

Que montrent les essais sur un seul repas par jour ?

Un essai randomisé en croisement, mené sur des adultes d’âge moyen en bonne santé et de poids normal, a comparé deux périodes de 8 semaines : trois repas par jour, puis un seul, avec exactement les mêmes calories de maintien. Le poids est resté dans une fourchette de 2 kg autour du poids de départ. Avec un seul repas, la faim a augmenté de façon significative, la masse grasse a diminué, la tension artérielle ainsi que le cholestérol total, le LDL et le HDL ont augmenté, et le cortisol a baissé. Les auteurs parlent de changements modestes et concluent que les participants ont pu suivre ce rythme.

Dans ce protocole, le repas unique était pris entre 16 h et 20 h. L’analyse du métabolisme du glucose sur les mêmes participants a montré une glycémie à jeun plus élevée, une tolérance au glucose du matin dégradée et une réponse retardée de l’insuline avec un seul repas, avec un retour à la normale à l’arrêt. Ces résultats portent sur 8 semaines : aucun des essais cités ici ne suit un repas quotidien au-delà.

Le jeûne 23/1 fait-il mieux maigrir que le 16/8 ou une restriction classique ?

Aucun essai cité ne le montre : les comparaisons disponibles ne donnent aucun avantage au jeûne intermittent sur la restriction calorique ordinaire, et elles portent sur le 16/8 ou sur d’autres formes que le 23/1. Selon l’Inserm, la plupart des publications rigoureuses ne montrent pas de supériorité du régime intermittent, quelle que soit sa forme, en matière de perte de poids. Le 16/8 consiste à jeûner 14 à 16 heures et à manger sur les 8 à 10 heures restantes.

ÉtudeProtocole comparéParticipants et duréeRésultat sur le poids
Stote, 20071 repas contre 3 repas, calories de maintienAdultes en bonne santé, 2 périodes de 8 semainesPoids stable à 2 kg près, masse grasse en baisse
Lowe, 202016/8 (12 h à 20 h) contre 3 repas structurés116 adultes en surpoids ou obèses, 12 semaines−0,94 kg contre −0,68 kg, écart de 0,26 kg non significatif
Liu, 2022Restriction calorique avec repas de 8 h à 16 h contre restriction seule139 personnes obèses, 12 mois−8,0 kg contre −6,3 kg, écart de 1,8 kg non significatif
Étude citée par l’InsermRestriction continue, une semaine sur deux, ou 5:2332 personnes obèses, 12 mois (146 sont allées au bout)−6,6 kg, −5,1 kg et −5 kg

Dans l’essai de Lowe, les participants du 16/8 ont perdu 0,94 kg en 12 semaines contre 0,68 kg pour ceux qui mangeaient trois repas, sans différence significative entre les groupes. Dans l’essai de Liu, avec 1 500 à 1 800 kcal par jour pour les hommes et 1 200 à 1 500 kcal pour les femmes, la restriction d’horaires n’a rien ajouté, et le nombre d’effets indésirables était comparable. Un écart de 1,8 kg sur 12 mois, avec un intervalle de confiance qui inclut zéro (de −4,0 à +0,4 kg), ne permet pas de conclure à un avantage réel.

Quels sont les risques de ne faire qu’un repas par jour ?

Les risques mesurés par l’essai sur le repas unique sont la faim, une tension artérielle plus haute et un cholestérol plus élevé, LDL compris. Le test de glucose a aussi montré une glycémie à jeun plus haute et une tolérance dégradée le matin, réversibles à l’arrêt. Ces écarts concernent des personnes en bonne santé suivies 8 semaines : on ignore ce qu’ils deviennent sur des mois, ou chez des personnes malades.

Côté tolérance psychologique, Vidal note que les effets du jeûne court sur l’humeur sont contradictoires : certaines études rapportent plus de vitalité à court terme, d’autres de l’irritabilité, de l’anxiété ou de la fatigue. L’Inserm relève que la question d’une compensation, c’est-à-dire de manger davantage pendant la période autorisée, n’est pas tranchée, et que l’abandon en cours de route est fréquent dans les régimes, intermittents ou non, avec un risque de reprendre les kilos perdus. Sur le confort d’un repas unique et copieux, l’article qui explique pourquoi le temps de digestion varie autant selon les aliments donne des repères.

Pour la durée du jeûne lui-même, Vidal indique que la production de corps cétoniques ne se met en place que 24 à 48 heures après l’arrêt de la prise alimentaire : une fenêtre de 23 heures reste en deçà de ce seuil.

Pour qui le jeûne 23/1 est-il déconseillé ?

Le jeûne est à proscrire chez les enfants, chez les femmes enceintes et chez les personnes âgées, fragiles ou malades, en raison d’un risque de troubles de la croissance, de dénutrition et de sarcopénie, c’est-à-dire de perte de masse et de force musculaires. Les personnes atteintes de diabète de type 1 doivent aussi s’en abstenir : Vidal les met en garde contre les hypoglycémies et l’acidocétose. Pour les patients atteints de cancer, l’Inserm rappelle que des études précliniques suggèrent une moindre toxicité de la chimiothérapie, mais que les risques, notamment de dénutrition, sont bien plus importants.

L’Anses range par ailleurs les adolescentes, les femmes enceintes et les personnes âgées parmi les populations sensibles aux régimes amaigrissants. Elle décrit des risques cliniques, biologiques, comportementaux et psychologiques lorsque ces régimes sont menés sans suivi. Ces mises en garde portent sur les régimes en général : elles ne désignent pas le 23/1 en particulier, mais elles s’appliquent à toute pratique restrictive. Un diabète de type 2, un traitement au long cours ou un antécédent de trouble du comportement alimentaire justifient d’en parler avec le médecin qui suit la personne avant de modifier ses repas, et non après.

Que disent l’Anses et l’Inserm des régimes comme le jeûne 23/1 ?

L’Anses n’a pas rendu d’avis propre au 23/1 : son rapport d’expertise du 25 novembre 2010 et l’avis qui a suivi portent sur les pratiques alimentaires d’amaigrissement dans leur ensemble. Elle y affirme qu’un régime amaigrissant n’est pas un acte anodin, et qu’une perte de poids par l’alimentation ne se justifie médicalement que par un excès pondéral effectif, dont la prise en charge revient à des spécialistes, médecins nutritionnistes ou diététiciens. L’obésité y est définie par un IMC égal ou supérieur à 30 kg/m².

De son côté, l’Inserm juge les régimes intermittents globalement sûrs pour des individus sains, sans supériorité confirmée, et recommande une alimentation équilibrée fondée sur le Programme national nutrition santé, avec une activité physique régulière. Pour Vidal, le jeûne intermittent n’a pas démontré d’intérêt préventif ou thérapeutique chez l’être humain, les bienfaits supposés reposant surtout sur des expériences animales.

Questions fréquentes sur le jeûne intermittent 23/1

Peut-on faire du 23/1 tous les jours pendant des mois ?

Aucun des essais cités ne l’a testé au-delà de 8 semaines. On ne dispose d’aucune donnée à plus long terme sur un repas quotidien, ni sur la durée des hausses de tension et de cholestérol observées.

Le 23/1 convient-il à une personne diabétique ?

Pas en cas de diabète de type 1, pour lequel Vidal recommande de ne pas jeûner à cause du risque d’hypoglycémie et d’acidocétose. Pour le type 2, une moindre prévalence du diabète a été constatée chez des personnes à haut risque cardiovasculaire en jeûne intermittent, mais ces données ne concernent pas un repas unique. Un traitement éventuel doit être réévalué avec le médecin avant tout changement d’horaires.

Peut-on boire pendant les 23 heures de jeûne ?

Oui. Dans l’essai sur le 16/8, la consigne portait sur l’arrêt de toute prise calorique, et Vidal précise que ces pratiques comportent un apport hydrique suffisant.

Le jeûne 23/1 fait-il perdre du muscle ?

Les données divergent. Dans un sous-groupe de l’essai sur le 16/8 testé en personne, l’indice de masse maigre des membres a davantage baissé que chez les mangeurs de trois repas (écart de −0,16 kg/m²), alors que Vidal indique une perte de masse maigre un peu moindre sous jeûne intermittent que sous restriction calorique. Le 23/1 n’a pas fait l’objet d’une mesure comparable.

Reprend-on le poids perdu quand on arrête ?

C’est fréquent. L’Anses décrit la reprise de poids, voire un surpoids, comme une conséquence récurrente des privations, quel que soit le régime, d’autant plus en l’absence d’activité physique. Pour des cures de compléments souvent associées à la forme et à l’énergie, voir l’article sur la levure de bière, ses bienfaits et ses précautions.

Sources

Sources consultées le 22 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Stote KS, Baer DJ, Spears K et al., « A controlled trial of reduced meal frequency without caloric restriction in healthy, normal-weight, middle-aged adults », American Journal of Clinical Nutrition, avril 2007. PMID 17413096.
  • Carlson O, Martin B, Stote KS et al., « Impact of reduced meal frequency without caloric restriction on glucose regulation in healthy, normal-weight middle-aged men and women », Metabolism, décembre 2007. PMID 17998028.
  • Inserm, « Les régimes intermittents, plus efficaces pour la perte de poids, vraiment ? », Canal Détox, salle de presse de l’Inserm, octobre 2022. https://presse.inserm.fr/canal-detox/les-regimes-intermittents-plus-efficaces-pour-la-perte-de-poids-vraiment/
  • Lowe DA, Wu N, Rohdin-Bibby L et al., « Effects of Time-Restricted Eating on Weight Loss and Other Metabolic Parameters in Women and Men With Overweight and Obesity: The TREAT Randomized Clinical Trial », JAMA Internal Medicine, novembre 2020. PMID 32986097.
  • Liu D, Huang Y, Huang C et al., « Calorie Restriction with or without Time-Restricted Eating in Weight Loss », New England Journal of Medicine, avril 2022. PMID 35443107.
  • Vidal, « Le jeûne a-t-il une place en thérapeutique ? », Vidal actualités, 21 avril 2022. https://www.vidal.fr/actualites/29052-le-jeune-a-t-il-une-place-en-therapeutique.html
  • Anses, « Suite à la mise en consultation de son rapport d’expertise, l’Anses publie un avis sur les régimes amaigrissants » (rapport du 25 novembre 2010). https://www.anses.fr/fr/content/suite-la-mise-en-consultation-de-son-rapport-dexpertise-lanses-publie-un-avis-sur-les

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