À quoi sert le gotu kola, et quels bienfaits sont documentés ?
Le gotu kola, ou Centella asiatica, est une plante asiatique utilisée dans plusieurs traditions médicinales. Aujourd’hui, on la retrouve dans des crèmes pour la peau et des compléments alimentaires vantés pour la mémoire, le stress ou la circulation. Mais toutes ces promesses n’ont pas le même niveau de preuve.
Sommaire
En bref : le bénéfice le mieux encadré concerne l’usage cutané traditionnel pour aider à la cicatrisation de petites plaies. Des études suggèrent aussi un intérêt dans l’insuffisance veineuse chronique, mais leurs limites empêchent d’en faire un traitement de référence. Pour la mémoire, l’anxiété ou l’anti-âge, les données humaines restent trop faibles ou trop hétérogènes pour conclure.
Qu’est-ce que le gotu kola ?
Le gotu kola est le nom courant de Centella asiatica, aussi appelée centella asiatique ou hydrocotyle asiatique. Cette petite plante de la famille des Apiacées pousse dans les zones humides d’Asie et d’autres régions tropicales. Elle ne doit pas être confondue avec la noix de kola : elle ne contient pas de caféine et n’est pas un stimulant.
Ses principaux composés étudiés sont des triterpènes, notamment l’asiaticoside, le madécassoside, l’acide asiatique et l’acide madécassique. En laboratoire, ces molécules interviennent dans la synthèse du collagène, l’inflammation et certains mécanismes antioxydants. Ces mécanismes sont intéressants, mais ils ne prouvent pas à eux seuls une efficacité chez l’être humain.
À quoi sert réellement le gotu kola ?
La réponse dépend de la forme utilisée. Une crème appliquée sur la peau, une poudre, une infusion et un extrait oral standardisé ne sont pas interchangeables. Leur composition et leur concentration peuvent varier fortement.
Aider à la cicatrisation de petites plaies : un usage traditionnel reconnu
L’Agence européenne des médicaments (EMA) retient le gotu kola comme médicament traditionnel à base de plantes, uniquement par voie cutanée, pour aider à la cicatrisation des petites plaies chez l’adulte. Cette reconnaissance repose sur un usage ancien jugé plausible, et non sur une démonstration clinique comparable à celle exigée pour un médicament à efficacité bien établie.
La monographie européenne décrit une infusion ou une poudre appliquée localement et limite l’usage à une semaine. Une plaie profonde, étendue, infectée, liée au diabète ou qui cicatrise mal ne doit pas être traitée seul avec du gotu kola : elle nécessite un avis médical.
Cicatrisation et réparation de la peau : des résultats prometteurs, encore incomplets
Une revue systématique publiée en 2022 n’a retenu que quatre essais cliniques sur la cicatrisation. Les résultats suggèrent une possible amélioration de certains paramètres, comme la réépithélialisation ou l’aspect de la plaie. Les auteurs soulignent cependant que les produits, les doses et les situations étudiées diffèrent trop pour tirer une conclusion ferme.
Les recherches récentes décrivent des effets possibles sur le collagène, la formation de nouveaux vaisseaux et la modulation de l’inflammation. Cela explique la présence de centella dans de nombreux soins cosmétiques. Mais un actif cosmétique ne remplace ni les soins d’une plaie sérieuse ni un traitement dermatologique.
Insuffisance veineuse et jambes lourdes : un signal clinique à confirmer
Le gotu kola a été étudié dans l’insuffisance veineuse chronique, une affection dans laquelle le retour du sang des jambes vers le cœur fonctionne mal. Une revue systématique de huit études a observé des améliorations de certains paramètres de microcirculation, du gonflement de la cheville et de symptômes comme la lourdeur ou la douleur.
La prudence reste nécessaire : plusieurs études étaient anciennes, mal décrites ou exposées à un risque de biais incertain. Le gotu kola ne doit donc pas remplacer les mesures validées, comme l’activité physique adaptée, la compression lorsqu’elle est prescrite, ni l’évaluation d’une douleur ou d’un gonflement inhabituel.
Mémoire et concentration : pas de preuve solide
Le gotu kola est souvent présenté comme une plante « du cerveau ». Quelques petits essais ont étudié la cognition ou l’humeur, mais une méta-analyse n’a pas trouvé de preuve suffisamment robuste pour recommander son usage afin d’améliorer la mémoire. Les études ne permettent pas non plus d’affirmer qu’il prévient la maladie d’Alzheimer.
Une difficulté supplémentaire vient de la confusion avec le terme brahmi, qui peut désigner Centella asiatica ou une autre plante, Bacopa monnieri. Il faut vérifier le nom latin sur l’étiquette pour savoir quel produit est réellement évalué.
Stress et anxiété : des données préliminaires
Des résultats exploratoires ont parfois été rapportés sur l’anxiété ou la réaction de sursaut. Ils reposent sur de petits effectifs et ne suffisent pas à établir un effet anxiolytique. Le gotu kola ne remplace pas une prise en charge psychologique ou médicale lorsque l’anxiété persiste, altère le sommeil ou gêne le quotidien.
Rides, cellulite et vergetures : attention aux extrapolations
Une revue portant sur cinq petits essais chez 172 femmes a relevé des améliorations possibles de certaines rides avec des produits topiques à base de centella ou d’asiaticoside. La faible taille des études et l’absence de standardisation limitent toutefois la portée des résultats. Il n’existe pas de preuve solide permettant de promettre la disparition des rides, de la cellulite ou des vergetures.
Quels bienfaits sont les mieux documentés ?
| Usage | État des preuves | Ce que l’on peut dire |
|---|---|---|
| Petites plaies, par voie cutanée | Usage traditionnel reconnu par l’EMA | Peut aider à la cicatrisation chez l’adulte sur une courte durée. |
| Insuffisance veineuse chronique | Signal clinique, études limitées | Des améliorations sont possibles, sans preuve suffisante pour remplacer les traitements usuels. |
| Cicatrisation et brûlures | Quelques essais humains | Résultats prometteurs, mais produits et protocoles trop variés. |
| Mémoire et concentration | Preuves insuffisantes | Aucun effet fiable démontré pour améliorer la cognition. |
| Stress et anxiété | Données préliminaires | Pas d’efficacité anxiolytique établie. |
| Rides et anti-âge | Petits essais topiques | Effet possible sur certains paramètres, à confirmer. |
Comment utiliser le gotu kola ?
Il n’existe pas de dose orale universelle : les poudres et extraits ne contiennent pas les mêmes quantités de triterpènes. Une dose utilisée dans une étude ne peut pas être transposée automatiquement à tous les compléments du commerce.
- Pour la peau : suivez la notice du produit. Sur une petite plaie, l’EMA limite l’usage traditionnel à une semaine chez l’adulte.
- En complément alimentaire : vérifiez le nom latin, la partie de plante utilisée et la standardisation de l’extrait. Demandez conseil à un pharmacien si vous prenez un traitement.
- En cosmétique : appliquez d’abord sur une petite zone si votre peau est réactive et arrêtez en cas d’irritation.
Les compléments alimentaires ne sont pas évalués comme des médicaments avant leur commercialisation. « Naturel » ne signifie donc ni efficacité garantie ni absence de risque.
Effets indésirables et contre-indications
Le gotu kola peut provoquer une irritation ou une dermatite de contact. Des cas rares d’atteinte du foie ont aussi été rapportés après une prise orale. Arrêtez le produit et consultez rapidement en cas de jaunissement de la peau ou des yeux, d’urines foncées, de démangeaisons diffuses, de nausées importantes ou de fatigue inhabituelle.
Par précaution, évitez l’usage sans avis professionnel dans les situations suivantes :
- grossesse ou allaitement, faute de données suffisantes ;
- moins de 18 ans pour l’usage cutané décrit par l’EMA ;
- allergie au gotu kola ou à une plante de la famille des Apiacées ;
- maladie du foie ou antécédent d’hépatite médicamenteuse ;
- prise régulière de médicaments ou de plusieurs compléments.
Des interactions avec des enzymes impliquées dans le métabolisme de médicaments ont été observées en laboratoire. Leur importance réelle chez l’humain est incertaine, mais elle justifie de signaler le complément à son médecin ou à son pharmacien.
Comment choisir un produit de qualité ?
- Recherchez le nom complet Centella asiatica et évitez les produits qui indiquent seulement « brahmi ».
- Préférez une composition courte, une quantité clairement indiquée et un fabricant identifiable.
- Pour un extrait oral, vérifiez si la teneur en triterpènes est précisée.
- Méfiez-vous des promesses de guérison, de détox du foie ou de traitement de la maladie d’Alzheimer.
- N’utilisez pas une huile essentielle à la place d’une préparation étudiée : ce n’est pas la même forme.
À retenir
Le gotu kola n’est ni une plante miracle ni un simple ingrédient sans effet. Son usage le plus clairement encadré est l’application cutanée traditionnelle sur de petites plaies chez l’adulte. Un bénéfice sur certains symptômes de l’insuffisance veineuse est plausible, mais les études restent fragiles. Les promesses sur la mémoire, le stress et l’anti-âge dépassent aujourd’hui le niveau des preuves disponibles.
Questions fréquentes sur le gotu kola
Le gotu kola contient-il de la caféine ?
Non. Malgré la ressemblance de nom, le gotu kola n’est pas la noix de kola et ne contient pas de caféine.
Le gotu kola améliore-t-il la mémoire ?
Ce bénéfice n’est pas démontré de façon solide. Quelques petites études existent, mais les synthèses disponibles ne permettent pas de recommander le gotu kola pour améliorer la cognition.
Peut-on prendre du gotu kola tous les jours ?
Il n’existe pas de recommandation générale pour une prise orale quotidienne. La composition varie selon les produits et de rares atteintes hépatiques ont été signalées. Un usage prolongé mérite l’avis d’un professionnel de santé.
Quelle différence entre gotu kola et brahmi ?
Le mot brahmi peut désigner le gotu kola, mais aussi Bacopa monnieri. Ces deux plantes sont différentes. Fiez-vous toujours au nom latin figurant sur l’étiquette.
Le gotu kola soigne-t-il les varices ?
Non. Certaines études suggèrent une amélioration de symptômes liés à l’insuffisance veineuse, mais le gotu kola ne fait pas disparaître les varices et ne remplace pas un diagnostic ni une prise en charge médicale.
Sources
- Agence européenne des médicaments (EMA), monographie de l’Union européenne sur Centella asiatica, révision 1, 2022 : www.ema.europa.eu/en/medicines/herbal/centellae-asiaticae-herba
- Chong NJ, Aziz Z. Revue systématique sur Centella asiatica et l’insuffisance veineuse chronique, 2013 : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23533507/
- Arribas-López E et al. Revue systématique sur Centella asiatica et la cicatrisation, 2022 : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35328954/
- Kongkaew C et al. Revue systématique et méta-analyse sur Centella asiatica et les rides, 2020 : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33413787/
- Memorial Sloan Kettering Cancer Center, Gotu Kola : www.mskcc.org/cancer-care/integrative-medicine/herbs/gotu-kola
Note éditoriale : cet article fournit une information générale et ne remplace pas un diagnostic, un traitement ni un avis médical personnalisé.